25. sept., 2017

Ma fille veut arrêter son apprentissage …

Ma fille veut arrêter son apprentissage …

Une maman me racontait : « Je ne sais plus quoi faire, ma fille a des idées noires car elle veut arrêter son apprentissage. Quoi que je se dise ou fasse, elle ne m’écoute pas et devienne violente. Elle ne veut pas faire ses devoirs. Sort toujours avec ses ami-e-s. Je sais qu’elle fume du cannabis aussi. Toutefois, elle aime sa formation de vendeuse. »

Que faire ?

Et surtout que faire quand l’entourage lui dit : « Elle aura bientôt dix-huit ans, tu la mettras à la porte. » Ou encore : « Arrête de te fatiguer, elle ira s’inscrire au chômage … au sociale. » Ou encore : « Les jeunes d’aujourd’hui ne comprennent pas la valeur des choses. Laisse-la, tu ne peux rien n’y faire. »

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle ou de magicien qui donnerai une formule pour que cela se transforme en une relation agréable et que la jeune fille prenne au sérieux sa formation.

Décortiquons ensemble le message de la maman.

La maman dit que sa fille a des idées noires car elle veut arrêter sa formation.

Je dis STOP. Il ne faut pas autant dramatiser. Des idées noires, c’est quand une personne veut se suicider. Là, ce n’est pas le cas. Donc, dédramatiser d’abord et faire comprendre à la maman que ce terme n’est pas adéquat. Elle peut dire, je ne n’en peux plus, je vis une solution difficile mais si elle parle d’idées noires se sont les siennes qui le sont, car elle a peur pour l’avenir de sa fille. Je lui ai expliqué que j’accompagne des jeunes de 27 ans qui on comprit leurs erreurs du passé et qu’aujourd’hui, ils veulent se former. Donc, certaines personnes doivent toucher le sol, le fond pour mieux rebondir et réaliser ce qu’elles ont perdus. Et il n’y a pas d’âge pour se former.

Second message : « Quoi que je se dise ou fasse, elle ne m’écoute pas et devienne violente. »

Il faut conserver sa ligne éducative. Il ne faut pas abandonner. Toutefois, c’est dans la manière de communiquer ses craintes qu’il faut changer. Car si votre enfant ne veut pas faire ses devoirs, c’est pas qu’il ne veut pas mais qu’il ne peut pas. Il connait ses limites et pense qu’il n’y arrivera pas. Au lieu de l’engueuler, cette jeune fille a plutôt besoin que l’on l’aide à trouver un répétiteur, un professeur ou ami qui l’aide dans ses devoirs.

L’engueuler va plutôt la mettre en tension avec vous, va la renforcer dans ses croyances négatives : « j’ai raison de ne pas avoir confiance en moi ; je suis pas capable de faire une formation ;ma mère n’a pas confiance en moi ; personne ne me comprend, … alors, je fume du cannabis pour me détendre avec mes ami-e-s. »

Le cannabis n’aide pas les jeunes comme ils peuvent le croire. A force de fumer, ils perdent beaucoup : mémorisation, concentration, motivation et sur le plan physique aussi (battement de cœur irrégulier, hypertension, perte de neurones, …) Tout ce qui amène les jeunes à arrêter leur formation quand ils ne se font pas virer.

Voir site Internet : http://www.alcoolautravail.ch/apprentis-et-cannabis-comment-reagir-386

(en allemand : http://www.alcoolautravail.ch/de)

 

Pour revenir à la manière de communiquer, le jeune qui est en colère, il l’est d’abord contre lui car il ne parvient pas à ses objectifs. Alors, si en tant que parent on insiste en plus, comment ne voulez-vous pas que votre enfant ne devienne pas violent ? Nous, parent, on parle avec notre cœur dans ces moments-là, seulement qu’avec notre cœur. On a peur que notre enfant ne réussisse pas, se retrouvent à faire des travaux avec un salaire très pas et sans aucune reconnaissance. Nos émotions nous dépassent, nous submergent.

Si dans cette relation, on arrivait à parler avec notre tête, avec réflexion et ses émotions, on parviendrait à un résultat qui pourrait aider l’enfant à trouver sa voie. Une des meilleures façons d’y parvenir est de se mettre à la place de l’autre.

Comme je le disais, il n’y a pas une solution miracle. Il faudra tenter plusieurs recettes avant de trouver celle qui convient à tout le monde. Et j’insiste, à tout le monde car il faudra prendre en considération les besoins, les attentes de votre enfant, de votre jeune. Cela l’aidera à se sentir écouter, respecter et il ne pourra que venir vous voir en cas de difficultés et votre relation sera des meilleures.

Il m’arrivait parfois, sans mettre le jeune en danger, de le laisser tomber. C’est-à-dire qu’il fallait laisser le jeune se planter et seulement après cela il venait demander de l’aide, des solutions. Je me souviens d’avoir vu des jeunes qui après les avoirs « délaissés » ils revenaient après plusieurs semaines vers moi car il savait qu’ils ne pouvaient pas prendre d’autres voies.