26. déc., 2016

Nous sommes tous riches…

 

Oui, nous sommes tous riches mais malheureusement on a l’habitude de voir la riche qu’au travers du compte en banque, dans une voiture ou une maison ou encore dans des bijoux.

La richesse est en réalité partout, à chaque moment de notre existence mais elle est discréditée car elle n’a pas la valeur de l’argent. Elle ne vaut rien en dollar ou en euro.

J’ai vu et vécu une fois dans la richesse et celle-ci personne ne peut l’acheter car elle vaut plus que toute l’or, tout l’argent réuni sur terre.

Je vous expose.

A la maison, avec ma femme et mon fils lors du repas, on entend un grand fracas côté balcon qui donne sur la route. Je vais regarder par la fenêtre deux voitures venaient de rentrer en collusion. Je dis à ma femme de téléphoner aux urgences pendant que je courrais vers l’accident. Il y a 11 immeubles dans cette partie du quartier et tout le monde accouru vers l’accident pour apporter son aide. On était là, tous à essayer de sauver ces personnes. Personnes ne les connaissaient et personnes ne se connaissent, ou presque. Mais on était là, on voulait sauver, aider ces personnes.

On n’était pas des héros juste des individus qui souhaitions que ces personnes restent en vie.

Notre richesse la plus grande, la plus forte, qui ne pouvait s’acheter se manifesta comme jamais. Tous nous le referions et vous-même l’avez peut-être déjà fait. 

Donc, quand on dit ne pas être riche, il faut préciser, de quoi ?

Si nos valeurs se limitent à l’argent, alors on est réellement pauvre.

Eric Fromm avait écrit un ouvrage du nom de : faut-il être pour avoir ou avoir pour être ?

A deux cents pour cent : il faut être pour avoir. Il faut se défaire du matériel, pas simple quand on nous pousse à consommer tous les jours, à se mettre en rivalité et jalouser son voisin. La télé, les pubs nous appellent à être des auto-consommateurs. Sans réfléchir, on achète sans savoir si on en aura réellement besoin ou si on n’en possède déjà ou pas.

On recherche au travers de nos objets, nos matériels à plaire, à être aimer, désirer même. On apprend aux enfants dès le plus jeune âge à faire plaisir seulement à maman et papa sans savoir ce que veut l’enfant pour lui-même. On choisit à leurs places : habilles, couleurs, livres, jouets, … leurs demandons telle attitudes pour nous faire plaisir. Les enfants grandiront en apprenant que faire plaisir aux autres est plus importants que de se faire plaisir. Ils ne pourront alors jamais être eux-mêmes et finiront comme des marionnettes sans savoir qu’ils étaient. S’ils ne savent s’aimer comment aimer le reste.

Ils n’entendront que : « tu es comme j’aime. »

Et pas : « aimes-toi et je t’aimerai. »

Apprendre aux enfants que le plaisir c'est parfois juste une moment, être ensemble, un rire, une joie, une émotion et que tout n'est pas objet, argent ou matériel. Vivre ensemble et être en bonne santé, c'est notre premier et plus important plaisir. 

Connaître sa propre richesse est le plus beau trésor de notre vie. Oui, on peut satisfaire, faire plaisir aux autres mais attention de ne pas dire oui pour se dire non à soi-même, ou l’inverse. 

Il est claire qu'aider un sans abris, une famille pauvre on le fait de bon coeur sans rien demander en retour.

Alors, résumons. Si on camouffle nos richesses pour faire plaisir seulement aux autres et si on se laisse absorber par notre société de consommation, on ne saura jamais notre propre valeur.

Un autre exemple assez fort, ce sont les migrants économiques. Je ne parle pas de ceux qui fuient la guerre, la dictature ou les représailles, juste de ceux qui viennent en pensant qu’ils vont accumuler des richesses.

Ils ne voient plus qu’une chose dans leur objectif : la richesse matérielle. Ils pensent qu’ainsi ils seront comblés.

Certains en sont obnubilés.

Prêt à tout.

Mais ils déchantent car ils ne savent pas la langue du pays d’accueil donc ils mettent des années à l’apprendre et ne trouvent un travail correct qu’après de longues années et cela sont les plus chanceux. Les autres finissent en dépression, vivent mal le dépaysement. Ils devraient rentrer alors ? Mais les enfants ont grandi ici, font leurs études alors tout devient difficile.

Là-bas, ils avaient plusieurs richesses : les parents, les frères et sœurs, les neveux et nièces, les cousins, les amis, le travail, les terrains, la maison, la cuisine, les traditions, la culture, … et ils ont tout quittés pour un seul besoin, un seul bien : le matériel. Aujourd’hui, vivant ici, donnez leurs et ils ne seront pas heureux car tout ce qui les rendez heureux est resté au pays. Et comme d’habitude, c’est une fois séparée, une fois perdue qu’on s’en rend compte.

Est-ce de la faute des migrants ? Non.

Car on nous parle constamment de pays pauvre, de pays riche, de PIB par habitant. On manipule, on se fixe sur des données qui non rapport cas l’argent. On nous dit que tant tel pays pauvre, le PIB par habitant est de, par exemple, 2$. Mais on oublie de dire que ces personnes vivent à la campagne et on 2$ par jour avec en plus du lait, du fromage, des œufs, de la viande, de la farine, du riz, … et tout ce qu’on trouve dans une ferme. Donc, ils ne sont pas si pauvres qu'on nous le fait croire.

Et quand on dit pauvre ou riche, demandez des précisions : pauvre de quoi ? ou riche de quoi ?

La personne la plus riche est celle qui : ne quitte pas son pays, vit avec sa famille, sait se contenter, ne vit que selon ses besoins, ne jalouse personne, ne rivalise avec personne, sait partager.

Une dernière anecdote : en plein été dans mon village, au Dersim, on était trois personnes assissent dans le jardin à discuter. On nous amena du thé. Les voisins d’en bas se joignirent à nous avec des biscuits et d’autres verres furent ramener. Les voisins d’en haut aussi, eux ramenèrent des amandes, des noisettes, … On était à la fin une quinzaine. Chacun ramena ce qu’il possédait et cela nous suffisait. La richesse ici était : le partage et le être ensemble.

Et faire vivre cela aux enfants est encore plus beau.

Peut-être, il nous faudrait arrêter de parler de richesse et ne plus employer ce mot. On devrait parler seulement de nos valeurs.

Car nos valeurs valent plus que nos richesses.

 

Savas Sêngul

26.12.2016