19. déc., 2016

Est-ce notre métier qui définit notre identité ?

Quand on se présente, que dit-on ?

Je me nomme …, je suis âgé de …, … je suis cordonnier, boulanger, manager, informaticien,…

Est-ce la bonne manière ?

Je dirais, nous possédons deux identités et qu’on doit employer deux verbes différents pour cela :

  • Être & Faire

On devrait employer le verbe faire pour dire : je fais tel métier,…

Alors, qu’être est en lien direct avec notre caractère, notre culture, notre identité régionale, nationale, religieuse et notre identité affective – être mère, père, frère, sœur,…

Mais notre égo nous dominant on est fière de dire, je suis au lieu de je fais (ou j’exerce qui est un synonyme ici)

On se laisse conditionner par le travail et il nous poursuit tout notre vie car on devient des retraités de tel métier.

Il y aurait-il moins de burnout ou autres maladies si on disait : je fais tel métier ?

Je ne peux le dire. Mais si on dit, je ne suis pas mon métier on se détache de sa profession et on en fait moins une priorité, une obligation. Cela m’empêche pas de travailler aussi bien cependant cela nous délivre de cet attachement qui nous rend malade parfois et on ne se consacre plus cas cela. Les responsables auraient aussi moins d’emprise sur nous, car notre travail serait ainsi désuni de nous. On ne cherche pas seulement la réussite, mais aussi le confort, le bien être.

Il y a bientôt deux siècles, on était pour la plus part agriculteur et on se définissait ainsi. Un enfant en regardant son grand-père savait ce qu’il allait advenir. Nos parents nous transmettaient ce qui savaient faire afin qu’on puisse se nourrir, avoir un logement, gagner de l’argent, pour vivre en quelque sort. Celui qui n’était pas agriculteur ne pouvait vivre sauf de mendicité. Dans le film Germinal, Depardieu dit à sa femme – Miou Miou - quand un de leur enfant meurt : cela fera une bouche de moins à nourrir. Une vie en moins était égale à une bouche qui devait se nourrir pour vivre. Pour vivre il fallait la gagner en travaillant.

Aujourd’hui, on ne gagne plus sa vie. Une fois née, on a gagné de vivre. Oui, grâce à notre travail, quel qu’il soit, on gagne de l’argent qui nous permet uniquement de consommer.

Vivre c’est aussi travailler, mais pas que. Avoir du plaisir avec les siens, faire du sport, visiter des musées, aller au théâtre ou au cinéma, … c’est aussi vivre. Donc, vivre nous permet de travailler et non le contraire.

Donc, on ne gagne pas sa vie en étant un travailleur. On exerce un travail, qui ne nous appartient pas, car une fois qu’on le quitte une autre personne viendra l’occuper.

On ne gagne pas vie, c’est une mauvaise expression. On doit seulement dire : on m’a donné la vie.